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La Garde


Tour et chapelle de l'ancien château féodal,
cl. F. Valette

Le cœur de la commune où se situe le vieux village médiéval, vaut vraiment le détour. Un circuit, jalonné de plaques, "Le circuit des plaques historiques", a été créé par la municipalité à l'intention des visiteurs qui leur permet de découvrir seuls son riche passé. Mais on peut, bien évidemment, s'adresser à l'Office de tourisme pour une visite plus détaillée et personnalisée.

- La Garde d'hier (Amédé Bodinier, Hyères et ses environs, G. Bloch Imprimeur-éditeur, 1892)...
à aujourd'hui. (Photo Hortense Hebrard, TPM)


Paulin Bertrand, La rue du Jeu de Paume,
Mairie de la Garde, repro. Ville de la Garde

Le patrimoine gardéen, aussi bien monumental que paysager, a depuis longtemps inspiré peintres, écrivains ou poètes. Leur témoignage nous intéresse d'autant plus aujourd'hui que les lieux se sont transformés, et leur œuvres restent pour témoigner non seulement du patrimoine monumental mais aussi du patrimoine quotidien, de la vie du village et de son décor : rues, places, fontaines, lavoir…

Dessins de Cauvin (1854), de Letuaire (1874), de Vidal (1888), de Paulin Bertrand, de Chabot, de Calissin, aquarelle de Paul Camille Guigou Paysage de la Garde, aquarelles de Madame Tassy, née Baronne de Kellenbacq La Garde et le Coudon, La plaine de la Garde, tableaux de Delbecque Le village de la Garde, de Paulin Bertrand La porte du bon puits, La rue Saint-Maur, aujourd'hui rue Vincent Raspail, de Décoreïs Rue du Four, de Vincent Cordouan La Garde et le Coudon, Le Combat du Romulus, de Jolly (1876) Plaine de la Garde vue des carrières de Sainte-Marguerite, de Maurel (1890) Vieilles demeures dans la "rue des Fours", et de plusieurs anonymes. Toutes ces œuvres sont reproduites dans le beau recueil de l'histoire de la Garde La Garde en images, vingt siècles d'histoire.

A la Garde, à l'écart du centre-ville, dans le quartier du Pouverel, se trouve un lieu charmant qui mérite la visite et même qu'on s'y attarde: c'est le Musée Jean Aicard Paulin Bertrand dans la bastide Les Lauriers rosesC'est le type classique des bastides toulonnaises aux alentours de la ville avec maison de maîtres et dépendances sur des terres agricoles. Souvent un jardin d'agrément y a été adjoint au XVIIIe siècle.
Ici, l'adjonction est plus tardive. L'ancienne bastide a été démolie en 1826 par l'Amiral Guès, oncle de Madame Lonclas, la demi-sœur de Jean Aicard, et reconstruite sur les mêmes fondations mais avec des pièces aux plafonds plus élevés. Il n'y avait pas de véritable jardin, seulement un petit bassin avec un jet d'eau, c'était un domaine agricole essentiellement planté de vignes. Ce fut Jean Aicard qui, ayant fini par obtenir de sa sœur un vaste espace (un hectare), élabora le plan de son parc.
Sa sœur, à la même époque, après le succès des "Poèmes de Provence", fit agrandir la maison par la construction de l'aile ouest où elle aménagea pour son frère un grand cabinet de travail et une chambre.
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Les Lauriers roses,
Musée Jean Aicard-Paulin Bertrand,
(service photographique de la ville de Toulon)

Ce n'est pas tant pour évoquer le poète-académicien dont la célébrité rejaillit sur la commune de La Garde que pour y découvrir un foyer culturel qui se développa dans ce lieu grâce à la personnalité de Jean AicardJean Aicard (Toulon 1848 - La Garde 1921). Il commença à écrire à 11ans , entra à l'Académie du Var à 21 ans et est remarqué, à 24 ans, par l'Académie française pour ses "Poèmes de Provence" (1874). Républicain, il milite pour la gratuité des livres scolaires. Il est reçu à l'Académie française en 1909 ce qui lui vaut un triomphe dans sa commune de La Garde. Il acquiert une maison à Solliès-ville et, en 1919, les habitants l'élisent maire un peu malgré lui. Il fait plusieurs voyages dont un en Afrique du nord qui lui inspirera "Au bord du désert".
Mais c'est toujours vers sa Provence qu'il revient et qui est au cœur de sa création. Son œuvre est riche et très variée: 16 pièces de théâtre, 30 recueils de poèmes et 18 romans dont le célèbre "Maurin des Maures", en 1908.
Son activité littéraire s'accompagne de nombreux échanges avec le milieu littéraire et artistique mais aussi politique et scientifique de son temps: Michelet, Pierre Loti, Frédéric Mistral, Alphonse Daudet, Sarah Bernhardt, Ernest Reyer, Alphonse Karr, le peintre Vincent Cordouan, le préfet Emile Ollivier, les ingénieurs navals Gustave Zédé et Henri Dupuy de Lome qui ont des propriétés voisines, et d'autres encore, sont reçus aux Lauriers roses.
puis de celle de Paulin Bertrand Paulin Bertrand (1852-1940) peintre et sculpteur, a commencé à peindre à l'âge de 10 ans. A partir de 1880, il exposa régulièrement au Salon des artistes français: paysages, portraits, sculptures. Il participa à plusieurs expositions universelles et devint peintre officiel de la Marine en 1891. Le sculpteur Bourdelle l'appelait "le Racine de la peinture". Ami de Jean Aicard depuis l'adolescence, il vint habiter Les Lauriers roses avec son épouse lorsque Jean Aicard fut malade. Il y installa son atelier où l'on peut voir aujourd'hui quelques unes de ses œuvres. (d'après notice du Musée Jean Aicard Paulin Bertrand). et de son épouse lorsqu'ils vinrent y résider définitivement.

Nombreux sont les écrivains, artistes, scientifiques ou hommes politiques qui vinrent à la bastide Les lauriers roses de passage ou en résidence. Certains comme Clément MassierClément Massier, céramiste de Vallauris, réalisa de nombreuses poteries pour le parc comme les grenouilles du bassin ou les vases ou pour l'intérieur de la bastide. On en remarquera dans les différentes pièces de la maison et surtout dans le jardin d'hiver où une grande partie a été regroupée, dont les céramiques peuplent la maison, y composèrent leurs œuvres.


Coin salon du bureau de Jean Aicard
Musée Jean Aicard-Paulin Bertrand n° 32467d,
(service photographique de la ville de Toulon)

Jean Aicard aimait y passer de long mois, il partageait son temps entre les activités liées au domaine« Il secondait sa sœur, qui exploitait la propriété avec l'aide du granger Benoni; Benoni! un archétype provençal, qui a servi au romancier dans la construction de maints personnages. Le poète était devenu un viticulteur compétent, ce dont il tirait grande fierté ».
Madame Paulin Bertrand alias Léon de Saint-Valéry
et ses compositions littéraires.

Presque toutes ses œuvres y ont été écrites et « le poète affirmait qu'il ne pouvait composer ces livres-là qu'à la Garde, quand son sang portait à son cerveau les particules de l'air du pays ; il accusait l'atmosphère de la rue de Luxembourg, Paris, 6e Arrondissement, de ternir ses visions méditerranéennes, d'interposer entre elles et lui un verre dépoli ».(Madame Paulin Bertrand alias Léon de Saint-Valéry).


La maison du peintre Dieudonné Jacobs

En terminant, nous évoquerons le peintre Dieudonné JacobsDieudonné Jacobs (1887-1967) Originaire de Spa, en Belgique, il acquit d'abord une renommée dans son pays, la famille royale lui acheta plusieurs toiles.
Il séjourna à deux reprises à la Villa Médicis où il étudia les grands maîtres italiens de la Renaissance. Il fut deux fois Grand Prix de Rome. Il fut remarqué par le Vatican pour qui il peignit le portrait du pape Pie XI. Aujourd'hui ses œuvres figurent dans de grandes collections.
Après avoir acquis une villa à la Garde, il y vint régulièrement puis s'y installa définitivement.
Plusieurs lieux à La Garde, lui sont dédiés : square, rue, hall de la maison communale et un buste a été inauguré, en 1987, dans le square devant sa maison pour le centième anniversaire de sa naissance et vingtième de sa mort.
, pour montrer que la villégiature d'une saison se transforme parfois en résidence secondaire, voire en résidence principale. Marié à une gardéenne, il acheta à la Garde une villa pour en faire sa résidence d'hiver : la villa Josette, au quartier de Sainte-Musse, où il vint résider complètement vers la fin de sa vie. Il voulut même être enterré dans le jardin de sa villa.