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La plage

Alors que plus à l’Est Alphonse Karr développe Saint-Raphaël et que Michel Pacha projette à l’Ouest de Toulon le site de Tamaris, Alexis Godillot choisit Hyères pour immortaliser ses rêves de constructeur. Il investit dans les larges bandes de terres incultes du rivage et profitera du tracé du chemin de fer, que les raisons militaires conduisent aux Salins en 1876, pour créer la plage et concrétiser l’avenir que le géographe Elysée Reclus avait prédit pour Hyères : développer un Hyères-sur-mer.

    
L'ancienne fontaine édifiée par Godillot au carrefour des routes de la plage et
la gare de la Plage réédité in "Une ville en images" d’Odile Jacquemin, 1999

La petite gare déverse son flot de visiteurs chaque jour et c’est grâce à cette liaison que le Casino de la ville pourra obtenir l’autorisation d’ouverture toute l’année. Alexis Godillot fait bâtir sa « bicoque », où l’on dit que la Reine Victoria viendra en personne lui rendre visite, admirer son aquarium.


Carte postale, coll. Dubois

La bicoque
La "Bicoque" - cliché Pouelan publié dans "Hyères et ses environs" de A. Bodinier, 1892
réédité in "Une ville en images" d’Odile Jacquemin, 1999

C’est aujourd’hui, à cet emplacement que se trouve le centre héliomarin et on repère dans la clôture la trace de l’ancien portail.


Gravue "La Plage", 1900

En moins de cinquante ans, le boulevard de la Plage a remplacé la place des Palmiers, déplaçant usage et lieu de la itineraire de la porte de la vieille ville au bord de mer, où l’on vient flâner, se promener le dimanche, montrer ses toilettes et admirer le départ des courses de voiliers.

La plage en 1900 n’est pas encore envahie de baigneurs ; l’hippodrome est aussi fréquenté que les établissements de bains. Le plan du guide des étrangers de 1915 relève déjà quelques hôtels à la plage, dont l’hôtel Maritima, où André Gide séjournera l’été 1922. Le passage de l’hiver à l’été, et de la ville d’hiver à la station balnéaire est à cette date bien en marche.