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De Georges Sand à Michel Pacha, de Tamaris aux Sablettes

Œuvre de Michel PachaNé en 1819 à Saint-Nazaire (qui prend le nom de Sanary en 1890), Marius Michel, de son vrai nom, est issu d’une famille de marins. Sa mère Joséphine Lautier est fille de capitaine-marin. Son père Jean Antoine Michel est officier de marine, commandant de la Torche en 1835, où il prend son fils comme mousse. Marius Michel va gravir les échelons de la carrière de marin, embarquer en 1939 comme élève officier sur le navire-école « le Marengo » et devenir Capitaine au long-cours en 1844. Affecté aux messageries nationales qui desservent le moyen orient, il devient commandant dans la Compagnie Impériale en 1854 et a l’occasion de proposer à Napoléon III l’esquisse d’un programme de balisage des côtes de l’Empire Ottoman, qui correspond en partie à la route de guerre de Crimée. En 1855, il est nommé Directeur général des phares et balises de l’Empire ottoman et en 1860 il créé une société dont il est un des principaux administrateurs.
Il revient à Tamaris, pour poursuivre sa mission de bâtisseur des rivages, il y meurt en 1907 et est enterré dans l’ancien cimetière de Sanary. Son tombeau est l’œuvre de l’architecte Paul Page.
Nathalie Bertrand «   Tamaris, entre Orient et occident », Actes Sud
, le quartier de Tamaris, comme Hyères, est un site majeur de l’histoire de la villégiature du XIXème siècle, dans le Var.

A l’image d’Alexis Godillot à Hyères, Michel Pacha se prend d’amour pour Tamaris : après avoir fait fortune dans l’empire ottoman en tant que directeur général des phares et balises, Michel Pacha revient du Bosphore vers le pays où il a passé son enfance. Natif de Sanary, il s’y fera élire maire en septembre 1865. L’œuvre de bâtisseur de cet homme à la forte personnalité s’exprimera pleinement dans l’aménagement de la corniche de TamarisMichel Pacha fait construire la route de la corniche, à l’emplacement de celle qui existe de nos jours, reliant ainsi les Sablettes à Balaguier. Cet aménagement coûteux nécessite le curage d’une immense zone marécageuse qui s’étend sur une centaine d’hectares au pied de Tamaris et l’utilisation des déblais pour construire la corniche..


Dessin de Mélanie Tomi, Beaux-Arts Toulon

En 1873, il achète des terrains au Manteau et fonde, autour d’un casino et d’un grand hôtel, une station balnéaire dont un des premiers programmes, aujourd’hui disparu, est la construction de son château. Cet ouvrage néo-mauresque est doté d’un dôme étonnant et s’accompagne d’un jardin.

De Balaguier aux Sablettes, s’édifie sur 80 hectares une véritable ville neuve. Une quarantaine de villas, où l’éclectisme domine, sont construites en amphithéâtre sur les pentes sud du Fort Napoléon. Elles sont desservies par des allées non goudronnées, au milieu d'une végétation dense, exotique et méditerranéenne (palmiers, eucalyptus, mimosas, pins, cèdres, cyprès). Toutes celles qui se trouvent sur les allées supérieures ont vue sur la mer et sur l'isthme de Saint-Mandrier.


Dessin de Mélanie Tomi, Beaux-Arts Toulon

Les jardins sont clos par des palissades ou des murets en rocaille. Malgré les transformations, on peut encore admirer des villas d’inspiration orientale et dont les noms bucoliques figurent sur des cartels en bois découpé : les Palmiers, les Acacias, les Prés, les Chênes, la villa Médicis, les Violettes ou encore les Tamaris, villa qui abrite de nos jours le service des Affaires Culturelles de la Seyne-sur-Mer et accueille des expositions tout au long de l’année.

C’est une station balnéaire au grand complet qui sort de terre, disposant de ses hôtels, son église, son bureau de poste, sa voirie et ses commerces…