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Le Corbusier au Pradet

Il n’existe sans doute pas alors de rêve mieux partagé entre aristocratiques fortunés, bourgeois aisés ou ouvriers, entre oisifs et laborieux, entre habitants des villes du Nord ou provençaux  de la campagne, pour qui la pêche est "le jardin au cabanon".

L’expression Côte d’Azur prend tout son sens si l’on veut bien voir que la même histoire se reproduit, en continu, sur chaque mètre linaire du rivage : la moindre anse, crique, parcelle de vigne disponible permet aux étrangers de venir découvrir et, si possible, acquérir un petit coin de paradis.

De Menton à Perpignan et de Hyères à Sanary, chacun s’approprie cet accès à la Grande Bleue, au soleil ; ni Le Pradet, ni la Garde ne font exception à la règle : à l’ombre de leurs voisines au renom usé, les criques du Cannebas, à Carqueiranne, les plages de l’Oursinniere au Pradet ou les typiques aménagements des cabanonniers de l’anse Méjean et de Sainte Marguerite offrent leurs caractères typiques à qui prend le temps du détour des itinéraires obligés.


Anse de San-Peyre, Photo Odile Jacquemin

De Toulon à Hyères, une route en corniche serpente le long de la côte où cohabitent par exemple la résidence du préfet Maritime de la Méditerranée au Cap Brun et le cabanon de Titin à la Colle noire. Les grands architectes du XXème siècle ne s’y sont pas trompés. Dans le contexte de la démocratisation des vacances, à l’entre-deux-guerres, ils ont su exploré les chemins de la modernité autant dans l’héritage du programme de la villa château du XVIIIème siècle que dans celui du cabanon.

L’entre deux guerres est, en matière d’architecture moderne, le moment où la Côte d’Azur donne le plus clairement son rôle de laboratoire : dans le même temps où Mallet-Stevens et Pingusson œuvrent à Hyères, aux chantiers de leurs villas modernes, pour leurs riches commanditaires, le père de l’architecture moderne, Le Corbusier, célèbre pour son cabanon de Roquebrune, dans les Alpes maritimes, construit lui aussi un programme de villa privée au Pradet pour Hélène de Mandrot. L’ArtaudeLa Villa « l’Artaude », d'une grande simplicité, est construite de 1930 à 1931 par l'architecte Charles-Edouard Jeanneret, dit Le Corbusier, pour Hélène de Mandrot. Les sols en béton armé sont portés par une maçonnerie apparente en pierre, réalisée par des entrepreneurs locaux en « opus incertum » et donnant à cette villa un caractère méditerranéen qui la distingue des autres villas de l'architecte. La villa, construite sur un plan en L, ne conserve rien des aménagements intérieurs de l'époque (hormis la baignoire). Dans le jardin, se trouvaient des sculptures de Jacques Lipschitz, comme à la villa Noailles de Hyères (Le chant des voyelles, 1931 ; Nu couché avec guitare, 1928). La villa sera classée en décembre 1987.
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, ainsi dénommée, n’est pas ouverte à la visite du public à l’heure actuelle.