La ville climatique ; se promener avec vue sur la mer, au loin…
Comme le rappellent les récits de voyage, on vient à Hyères pour visiter ses jardins. On vante la situation de la ville, bâtie en amphithéâtre, à l’abri des vents. La journée du valétudinaire s’organise en promenades, où prendre le frais sous les pinèdes de Costebelle. A cette date, le bord de mer est loin et constitue au mieux le but d’une excursion. Ne pas être au bord de la mer est un avantage de situation ; le recul valorise la vue sur la mer : les immeubles se tournent au Sud et se dotent de balcons et de vérandas.


Olivier VoutierOlivier Voutier est une forte personnalité, le type même du personnage romantique, admis à l’école spéciale de la Marine en 1811, exilé à la chute de l’Empire où il rejoignit la guerre d’indépendance de la Grèce dont il revint en héros, revendiquant au passage la découverte de la Vénus de Milo. Passionné d’archéologie, ami d’Horace Vernet, cherchant – à 39 ans – à se fixer, il est attiré par le site des ruines du château où il se fera d’ailleurs enterrer., connu pour être le découvreur de la Venus de Milo, se fait bâtir en 1840 sur les hauteurs de la colline du Château le Castel Sainte Claire, sur les ruines de l’ancien couvent des clarisses, à l’abri du vent et bien exposée. En inventant cette résidence principale pour marin fatigué au retour d’exil, il rompt avec le cycle de la villégiature saisonnière en hôtel ou maison de plaisance et invente une formule qui a fait fortune et a toujours de beaux jours devant elle : la maison de vacances qui se transforme en dernière demeure.


J’ai passé les premiers mois de 1858 dans l’agréable petite ville d’Hyères qui de loin regarde la mer, les îles et la presqu’île, dont la côte est abritée. La mer, à cette distance, attire plus puissamment peut-être que si l’on était au bord. Les sentiers qui y mènent invitent, soit qu’on suive, entre les jardins, les haies de jasmin et de myrte, soit qu’en montant quelque peu, on traverse les oliviers et un petit bois mêlé de lauriers et de pins. Le bois n’empêche nullement qu’on n’ait de temps à autres quelques échappées de la mer. Ce lieu est, non sans raison, appelé Coste…belle. » Jules Michelet, La mer, 1858