Villes d’hiver balnéaires, établissements de bains de mer, plages, bains de soleil, sports de plein air, cures thermales, colonies de vacances, espaces verts et centres aérés, jusqu’aux aqualands et modernes thalasso… l’histoire de l’urbanisme et de l’architecture de nos littoraux se décline sur l’axe de l’hygiénisme, du rapport du corps aux éléments que les codes culturels font évoluer. La côte d’Azur, si symboliquement attachée à l’idée des vacances, de la plage et du soleil ne doit pas faire oublier que la première ressource, commune à l’histoire des jardins exotiques et au développement de la villégiature et du tourisme, fut d’abord le climat. Hyères est mentionnée au XVIIIème siècle comme ville climatique et l’on y vient alors ni pour la mer, ni pour le soleil, ni pour les plages de sable qui servent alors de carrières et de prés salés, mais pour la douceur de son climat. Les médecins publient dans leurs travaux scientifiques ses vertus thérapeutiques et les étrangers se pressent de quitter le brouillard des contrées nordiques pour des séjours d’hiver. Lamartine vient prendre des bains de mer dès 1840, mais c’est dans le dernier quart du XIXème siècle que se multiplient les établissements thérapeutiques. L’hôpital maritime Renée Sabran ouvre ses portes en 1892 et de grands établissements comme San Salvadour ou Chateaubriand hésitent entre hôtellerie, thermalisme et accueil des malades. L’aménagement d’un bord de mer pour une saison estivale se fera progressivement entre les deux guerres : les Congés payés popularisent les anciennes pratiques aristocratiques et les colonies de vacances ouvrent des centres et des camps sous la toile. Héritière de la tradition climatique et précurseur dans son adaptation aux besoins de nature d’une société de plus en plus urbaine, Héliopolis, à l’île du Levant, devient la première cité naturiste au monde. L’hôpital de Saint-Mandrier, aujourd’hui disparu, rappelle aussi la place jouée par la marine dans le développement du secteur de la santé, qui, aujourd’hui, compte pour 1/4 dans l’économie de la région. Derrière chaque jardin, chaque site remarquable, chaque projet marquant, se cache souvent une histoire de marin, comme à Tamaris. Aujourd’hui où le développement du tourisme de plage montre ses limites, l’évolution démographique et le changement climatique réactualisent l’intérêt de la ressource climatique.