Les paysages fleuris et fruitiers d’Ollioules
Située sur la route qui reliait Marseille à Toulon, à la sortie des gorges qui portent son nom, Ollioules constituait la porte d’entrée fleurie de notre région. Encore aujourd’hui, cette jolie bourgade s’épanouit aux pieds des hauteurs qui l’abritent, offrant un terroir de fruits et de fleurs aux yeux de ses visiteurs.

Au XIXe siècle, Ollioules est renommée pour ses primeurs
et ses fruits aux couleurs du sud : figues, oranges, citrons, qui poussent
en pleine terre, grâce à des températures favorables
en toute saisonTravaux de Mars
Déjà les champs et les bois s’émaillent de
fleurs d’une multitude de plantes, la verdure se répand dans
les campagnes. Dans le jardin potager, on renouvelle tous les semis du mois
précédent. Il est temps de semer les haricots, les citrouilles,
les giraumons, concombres, piments et tomates. On peut faire les semis de
fleurs délicates, tels que balsamines, marguerites, tagètes,
capucines, dahlias, etc. Quelques jardiniers ont reculé jusqu’à cette époque
la taille des pêchers et des abricotiers. On peut encore pratiquer
avec avantages des boutures, des marcottes, finir les greffes en fentes,
commencer celles en écusson, avec des bourgeons coupés en février
ou mars. Il est temps encore de planter les arbres verts résineux,
lors même qu’ils seraient déjà en pleine végétation.
Enfin les travaux généraux du mois sont les semis de la plupart
des végétaux légumiers, ainsi que des fleurs, etc.
Extrait de l'Annuaire du Jardinier.
Annuaire de la ville de Toulon pour l’an 1840.. En ces temps, les manifestations agricoles sont nombreuses. Henry Lesueur, dans un de ses « Nouveau guide
du voyageur » à Toulon
(1862), nous raconte que lors d’une exposition qui se tenait à la
fin mars, une variété de raisin mûr était expédiée à Paris
et aux quatre coins du pays… C’est dire si le climat doux de
cette cité faisait déjà des miracles ! La culture
des fruits est d’ailleurs très ancienne à Ollioules,
puisqu’aux alentours de 1520, les habitants cultivaient déjà des
agrumes et des oliviers.
Economiquement parlant, se sont surtout les fleurs qui font vivrent la commune à l’époque. Au départ, la production est essentiellement constituée d’immortelles. D’après le Centre d’Etudes et de Recherches Ethnologiques Varois, il semblerait que cette plante ait été introduite vers 1815 par Barthelemy DagnanSuite à l’achat des plants, Barthélémy Dagnan revient à Ollioules et, après plusieurs tentatives, parvient à naturaliser l’immortelle dans son jardin, comme fleur d’agrément. Cette expérimentation réussie suscite alors l’intérêt d’autres cultivateurs. De nos jours, une avenue porte le nom de Dagnan, à l'entrée de la ville., jardinier-fleuriste, qui aurait acheté des plants à Marseille pour 1 franc, quelques années auparavant. Dans les années 1830, la production régionale devint suffisante pour permettre des exportations vers la capitale et le succès fut au rendez-vous : le prix du paquet d'immortelles, soit un quart de kilogramme, s’éleva à 50 centimes, contre 25 auparavant.

Par voie de conséquence, la culture s’étendit encore et en 1835 on planta à Ollioules plus d'un million de pieds sur une étendue de 25 à 30 hectares. Cette production frénétique entraîna la saturation du marché et la chute des cours… décourageant au passage les nouveaux horticulteurs. Ollioules conserva cependant jusqu'en 1868 le monopole du commerce de cette fleur qui était expédiée dans des caisses de bois vers Paris.
Mais la commune disposait de plus d’une corde à son arc. Ainsi, à l’aube du XXe, l’économie agricole est particulièrement florissante grâce à l’exportation de l'huile d'olive. Le passé oléicole d’Ollioules est très riche, la ville ayant comptée jusqu’à 7 moulins. Aujourd'hui la coopérative oléicole cantonale traite en moyenne 50 tonnes d'olives par an.
La richesse de cette histoire agricole fait partie à part entière du patrimoine ollioulais. Ainsi, l’année est ponctuée de nombreuses festivités célébrant tour à tour les joyaux agricoles qui font la fierté de la commune : par exemple l’olive, la tomate, et bien entendu, les fleurs…