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Les poèmes de pierre du parc de la villa « Les Lauriers Roses »

Aujourd’hui transformée en musée, l’ancienne demeure de Jean Aicard s’offre d’abord à nous par son parc, qui accueillait autrefois les créations des amis de l’écrivain. L’amour que portait Jean Aicard à sa terre natale, et l’hommage qu’il lui rendit à travers son œuvre, transparaissent au fil du cheminement dans les allées intimes de ce jardin.

Ecrivain incontournable de la Belle Epoque, natif de Toulon, Jean AicardEntouré par les plus grands romantiques de l’époque, comme Lamartine, ami de la famille qui le soutient dès ses débuts littéraires, mais aussi Victor Hugo, Alphonse Daudet, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud ou encore Pierre Loti, il intégrera l’Académie française avec « Poèmes de Provence » (1874) et « La chanson de l'enfant » (1876). Son œuvre se caractérise par sa grande diversité : seize pièces de théâtre, trente recueils de poèmes et dix-huit romans dont le célèbre « Maurin des Maures » (1908).  (1848-1921) a fait l’histoire et la fierté du « pays » qui l’a vu grandir, que se soit par son œuvre, véritable hymne à la Provence, ou par son implication, à différents niveaux, dans la vie politique.

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Derrière un rideau de végétation
se cache la villa des "Lauriers Roses"
Photo Hortense Hebrard

Outre une œuvre riche et variée, Jean Aicard nous laisse en héritage une belle demeure dont le nom évoque le courant littéraire auquel appartenait l’illustre écrivain : la villa « Les Lauriers Roses ». Il y reçut ses célèbres amis, parmi lesquels Michelet, Frédéric Mistral, Sarah Bernhardt, Alphonse Karr et le peintre Vincent Cordouan. A sa mort, l’écrivain lègue la villa au peintre, sculpteur et ami Paulin Bertrand (1852-1940). Puis, c’est la ville de Toulon qui hérite de cette bâtisse de charme et la transforme en musée : l’actuel musée Jean Aicard - Paulin Bertrand.

Aujourd’hui, ce qui frappe l’œil du visiteur en premier lieu c’est le grand parc qui entoure la maison. Vaste et riant, il ramène ses hôtes à l’époque des romantiques. Aux intonations provençales de ce grand jardin se mêlent quelques sculptures étonnantes, épargnées par les essais français de tir de canon du fort de Sainte Marguerite. L’eau est également présente, sous la forme d’un bassin recouvert d’une couche verte de lentilles d’eau à la belle saison.

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Promenade ombragée
Photo Hortense Hebrard

A l’ombre des cyprès, il fait bon s’imaginer le parc à l’époque de Jean Aicard. On y rencontrait, par exemple, une peuplade « d’animaux monstrueux » et de gros vases en céramique, nés de la main habile de Clément Massier. La poésie était partout dans le jardin : aujourd’hui encore, on peut observer des gravures sur des plaques de pierre, une technique que Jean Aicard emploie dès son plus jeune âge, ou plus amusant, sur toutes les faces du socle d’une sculpture de Clément Massier. La composition florale était plus riche, avec des mimosas et des tamaris maintenant disparus, qui s’épanouissaient grâce à une source, transformée en réserve d’eau dans un grand bassin. Cet important besoin en eau semble paradoxal sachant que la propriété est implantée sur une zone inondable ! On peut encore contempler le fronton du bassin, orné d’un poème qui honore sa source, aujourd’hui détournée par la commune de La Garde.

La villa est aussi dotée d’un jardin d’hiverLa beauté intérieure des jardins d’hiver
Le XIXe siècle a vu naître les premières serres horticoles, construites à Paris par l’architecte Rohault de Fleury. A l’origine, elles furent mises au point pour abriter des spécimens de fleurs, plantes, arbustes et arbres, ramenés des quatre coins du monde et étudiés par les scientifiques. A l’aube du XXe, les serres se développèrent dans toute l’Europe.
Les premiers jardins d’hiver étaient accolés à la maison d’habitation. Ils prolongeaient ainsi le salon, offrant un lieu de réception fleuri, pour la discussion ou la lecture. L'hiver, la pâleur du soleil à travers les vitres ne donnait qu'une tiède température, la nuit venue, il fallait chauffer les lieux. A la Belle Epoque, cet espace agréable devient l’aménagement incontournable des demeures des artistes, des écrivains, mais aussi de tous les personnages en vue.
. Reconstruit entre 1810 et 1816, celui-ci présente un plafond à la romaine où trône en son centre un lustre en vitrail. Les murs sont décorés de poésies et abritaient autrefois les plantes les plus fragiles. De magnifiques céramiques, jarres, pots et autres vases, y sont aujourd’hui exposées.

Le parc de la villa des « Lauriers roses » vous invite aujourd’hui dans ses allées pour une promenade intime qui vous transportera, le temps d’une visite, aux temps où le jardin était une source d’inspiration et un lieu d’expression pour les artistes qui le fréquentaient.