Villégiature noble et villégiature introvertie dans les jardins du Pradet
Au Pradet, il est possible de découvrir d’un même élan deux jardins qui semblent pourtant bien différents : d’une part, le parc Cravéro, témoin de l’histoire aristocratique locale et, d’autre part, le jardin de l’Amiral Courbebaisse, fruit de l’imagination d’un seul homme qui n’avait d’yeux que pour la rade de Toulon.

C’est à la fin du XVIe siècle qu’est construite
la magnifique bâtisse qui abrite aujourd’hui la mairie du Pradet.
Comme de coutume à l’époque, cette maison de maître
fut qualifiée de « château ».
Etablie sur 30 hectares, la propriété était
entièrement plantée de vignes et comportait de nombreuses dépendances,
comme son colombier, son moulin à huile, ses écuries ou encore
sa chapelle. La superbe du jardin, à vocation exclusivement vinicole
au départ, s’établit au fil des successions, le domaine
passant entre les mains de plusieurs personnalitésLe château du Pradet appartint notamment au seigneur de La Garde, Joseph
de Catelin, en 1667 ; en 1862, il fût revendu par Jean-Louis Raymond Mallard,
sous le nom de « Clos Mallard », à un certain Meunier, qui, à son
tour, lui donna son nom. du cru. La propriété se
dota d’un véritable parc, comportant de nombreuses allées
bordées d’arbres aujourd’hui centenaires, mais aussi d’une
pergola recouverte de roses et dotée d’un toit de verre.

Aujourd’hui, une magnifique palmeraie d’époque présente toujours une collection de 70 espèces méditerranéennes provenant de Chine, de Californie, du Chili, du Mexique ou des Canaries. La noblesseClassé « espace boisé à conserver » dans la période contemporaine, la parc fut acheté par la municipalité en 1973. Des travaux permirent d’installer la mairie dans le château et d’ouvrir les allées du parc au public, qui prit alors son appellation actuelle en hommage à un ancien maire du Pradet, Monsieur Cravéro. du parc est révélée par la présence d’un bassin d’une belle dimension, qui diffuse un peu de fraîcheur grâce à son joli jet d’eau. Il est agréable de flâner dans les allées ombragées du parc en contemplant des sculptures de marbre évoquant le monde marin, ou encore de visiter la galerie d’art contemporain Cravéro - Le Camus, ainsi que l’animalerie.
L’histoire du jardin de l’Amiral Courbebaisse est plus récente, mais évoque davantage l’idée de villégiature qui avait cours à la Belle Epoque. Victor Courbebaisse, qui fut directeur des constructions navales de Toulon, acheta à sa retraite un petit bois de 5 hectares au Pradet. Le domaine étant pentu, il fit édifier un jardin en terrasses, en pied de versant, et un observatoire marin sur le point culminant. Il pouvait ainsi observer les navires qui voguent dans la rade de Toulon. L’habitation, établie dans un ancien bistrot agrandit était entourée d’un jardin composé de plusieurs pièces thématiques : le potager, le jardin aux plantes aromatiques, dit le « jardin de curé », le jardin exotique qui présentait son lot de végétaux exotiques, ramenés de voyages lointains, observables depuis des allées sinueuses.
Et puis le temps est passé, le XXe siècle s’égrenant jusqu’aux années 80, lorsque la famille Henry, héritière de la propriété légua le domaine au Conservatoire du Littoral et des Rivages Lacustres. Le jardin n’avait bien entendu pas le même visage qu’en 1900, beaucoup de ses aménagements ayant disparu, mais il présentait un charme certain par son « exubérance poétiqueParmi le foisonnement végétal, on découvrit notamment des associations d’espèces inédites, comme un figuier accroché au tronc d’un palmier des Canaries, ou encore un platane s’enroulant autour d’un palmier de Chine. ». Un travail de longue haleine a permis de le réhabiliter le jardin et de l’ouvrir au public. Le parti pris fut de faire le lien entre la place du village et le bois qui descend jusqu’à la mer. On découvre tour à tour plusieurs entités : le jardin du curé, aux étroites allées, situé au plus près du centre ville, le jardin des sauges, aux parfums étonnants, implanté sur la première terrasse, et enfin le jardin des plantes mellifères, avec sa « maison des abeilles » installée dans l’ancien pavillon mauresque. Ce troisième jardin propose des activités pédagogiques apicoles aux enfants du département.
Découlant d’histoires distinctes, ces deux jardins pradétans sont aujourd’hui unifiés le temps d’une visite organisée par les Gardes du Conservatoire du Littoral, invitant à (re)découvrir les marques de noblesses du parc Cravéro et celles qui faisait du jardin de Courbebaisse un lieu de villégiature par excellence.
Encadrement : Garde gestionnaire du conservatoire du littoral
Temps de marche effectif : 0h15
Durée total : 2h30
Distance : 1 km
Dénivelé : 5 m
Difficultés : Aucune
Lieu du rendez vous : Office du Tourisme du Pradet 15 min
avant l'heure de départ indiqué
Adultes : 7 euros; enfants : gratuit
Temps de marche effectif : 0h15
Durée total : 2h30
Distance : 1,8 km
Dénivelé : 5m
Difficultés : aucune
Lieu du rendez vous : Office Municipal de Tourisme du Pradet
Adultes : 4 euros; enfants : gratuit