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Les végétaux-symboles du Jardin Olbius Riquier

En rejoignant Hyères, on renoue avec les origines mêmes de la villégiature autour des jardins, puisque c’est ici qu’ont été cultivées les premières plantes exotiques spécialement à l’intention des hivernants. Le jardin Olbius Riquier en témoigne, au même titre que de nombreux autres jardins de la cité des palmiers.

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Le jardin d'acclimatation d'Hyères
Carte postale coll. Dubois

C’est en 1868 que Monsieur Olbius Hippolyte Antoine Riquier légua à la ville d’Hyères son jardin, qui avait été dessiné par Messieurs Dumont et Chevalier, ainsi que toute sa fortune. Ce jardin devint alors un haut lieu de l’acclimatation des végétaux exotiques, au même titre que certains autres jardins toulonnais (voir première et quatrième escales). Geoffroy Saint Hilaire en fit la succursale du jardin d’acclimatation de Paris et y introduisit de nombreuses espèces végétales, mais aussi animales, comme ses célèbres oiseaux.

Outre le fait que le jardin Olbius Riquier constituait un centre de diffusion de la végétation méditerranéenne d’importance régionale, il constituait à la Belle Epoque une véritable attraction pour les hivernants varois. En effet, ici plus qu’ailleurs, la clémence des températures permettait de véritables prouesses dans les jardins. Ainsi, dans son « Cicérone toulonnais », Monsieur Henri, vente déjà en 1840 les mérites des jardins hyérois : « Parmi les jardins qui attirent l’attention des curieux, je citerais celui toujours connu sous le nom de M. Filhe, remarquable par sa forêt d’orangersLa période exacte de l’introduction de l’oranger reste encore un mystère, bien qu’en 1566 déjà, Charles IX, dans son récit de voyage, évoque la « grosseur » des arbres qu’il vit à Hyères et les fontaines où s’écoule « l’eau de fleurs d’orangers ». Toujours est-il qu’en 1853, dans son ouvrage de « Promenades pittoresques à Hyères »,
Alphonse Denis nous présente les multiples variétés d’orangers, citronniers et bigaradiers et évoque la commercialisation de leurs fruits : « Les marchands, qui d’ordinaire achètent la récolte sur pied, cueillent les oranges avant qu’elles soient mûres, en novembre, décembre et janvier, et les expédient sur Paris, Lyon et Strasbourg, par caisse de deux cent quarante à deux cent cinquante, désignées, selon la grosseur des fruits, comme caisses d’extra-belles, passe-belles, belles et moyennes ; et enfin quelques-unes contiennent jusqu’à trois cents fruits de moindre dimension, désignés sous le nom de mignonnettes. Chaque orange, enveloppée d’une feuille de papier fin, placée avec soin dans la caisse, mûrit en route, et arrive à sa destination, mangeable, et surtout parfaitement colorée, ce qui est un point important. »
, et celui de Mme la Marquise de Beauregard, recommandable par la grande variété de plantes intertropicales qu’on y cultive.
».

Le jardin Olbius Riquier nous permet, le temps d’une visite, de prendre toute la mesure du rôle joué par les jardins les plus luxuriants dans le développement de la villégiature de notre belle région. L’oranger, célèbre arbre aux fruits d’or, croît aujourd’hui aux côtés d’une autre « star végétale » locale : le palmier. Mais c’est encore une autre histoire…

L’itinéraire « des jardins et des fleurs » s’achève donc en remontant à une des sources du développement de la villégiature sur la côte varoise. Ce dernier clin d’oeil au passé permet de prendre toute la mesure de l’importance et de la diversité des jardins dans notre belle région.