Les gorges d'Ollioules, site pittoresque et sauvage
C’est par ses gorges qu'il faut venir à Ollioules (R.N. 8, en provenance du Beausset) comme les voyageurs qui, autrefois, n'avaient que cette route pour se rendre de Marseille à Toulon.

« Ces
gorges longues de 4 kil. environ, sont un défilé étroit,
tortueux, aride, sauvage, dont les rochers calcinés, crevassés,
ruinés, aux formes les plus bizarres, prennent les tons les plus éclatants
ou les plus sombres, selon l'état de l'atmosphère. Au fond
d'un précipice que longe la route, coule un torrent, dont le lit
souvent à sec est encombré de quartiers de roche. Sur les
sommets, on trouve de nombreuses traces de volcan ».
(Géographie du département du Var, Adolphe Joanne, 1880).

Ces gorges ont été rendues célèbres par un brigand, Gaspard de Besse, qui sévissait dans la région, de Cuges à Antibes et même jusqu'aux Alpes de Haute Provence, à la fin du XVIIIème siècle, pendant la période troublée de la Révolution. Il profitait de l'étroitesse des gorges pour tendre des embuscades aux diligences et rançonner les voyageurs. Il cachait ensuite son butin dans une caverne des gorges. « Cuges était sa capitale et la caverne d'Ollioules son Louvre » (Victor Hugo)
Victor Hugo« … le chemin s'enfonce tout à coup dans des
terrains étranges. A gauche, les roches calcaires usées, morcelées
et aiguisées par les orages, se dressent comme les aiguilles d'une
cathédrale; à droite, les grès prennent des formes et
des attitudes singulières. Ce sont des titans à demi enfouis
dans la terre, dont on distingue les épaules, les omoplates, les hanches
et la colonne vertébrale; ce sont des crânes énormes
dont il semble que des vautours géants aient fouillé les yeux;
[…]
Puis la route tourne, une forteresse gothique en ruine se dresse au sommet
d'une montagne, d'immenses escarpements de roches nues et déchiquetées
envahissent tout l'horizon, le chemin se resserre, un lit de torrent desséché vient
le côtoyer; on est dans les gorges d'Ollioules […]
C'est vraiment un lieu formidable, l'œil n'y voit plus rien qu'une
roche jaune, abrupte, déchirée, verticale, à droite, à gauche,
devant, derrière, barrant le passage, obstruant le retour, pavant
la route et masquant le ciel. On est dans les entrailles d'une montagne ouvertes
comme d'un coup de hache et brûlées d'un soleil à plomb.
A mesure qu'on avance toute végétation disparaît. »
Victor
Hugo, 1839, extrait de Voyage sur la Côte d'Azur, édition établie
par A. Hurel et Ch. Fucili, éd. Pimientos, 2004 , qui passa par les gorges d'Ollioules en 1839, en a fait une
description à la fois saisissante et lyrique où il compare
ses immenses rochers à « des titans à demi-enfouis
dans la terre ».
Aujourd’hui, ce site sauvage et exceptionnel fait l'objet d'une protection (site classé le 03/02/1925) ainsi que les massifs qui entourent Ollioules : le Baou des quatre Aures et la Barre des Aiguilles (site classé le 20/03/1992).