Sur les hauteurs de Six-Fours-les-Plages

Extrémité des
Maures à l’Ouest de Toulon, le massif du Cap Sicié se
trouve en partie sur la commune de Six-Fours-les-Plages et en partie sur
celle de La Seyne-sur-mer (site classé 20/06/1989).
Les sentiers
du littoral laissent entrevoir quelques échappées
splendides sur la côte déchiquetée et la mer. Dans la forêt,
une végétation très variée est à découvrir :
depuis ses pins parasols, pins d'Alep, chênes lièges, chênes
verts, cyprès, jusqu'aux plantes aromatiques et à la flore
sauvage.
Georges Sand avait déjà été séduite par la
beauté des lieux lors de son séjour à Tamaris :
« Nous y montons à pied […] C'est
une longue trotte, toujours monter et descendre pour remonter. Mais c'est
superbe avec le soleil couchant, le profil des caps et le dessin des petites
anses »
(Voyage dit du Midi 1861, le 14 avril).
De Notre-Dame de Bonne Garde ou du MaiLa Chapelle Notre-Dame de Bonne-Garde, dédiée à la Vierge,
protectrice des marins, devint plus tard Notre-Dame du Mai car un pèlerinage
avait lieu chaque année au mois de mai. A l'heure actuelle, il a lieu
le 14 septembre, jour de la Sainte-Croix, mais des offices continuent à y être
célébrés au mois de mai. Ces pèlerinages attiraient
autrefois un très grand nombre de
personnes, jusqu'à cinquante mille par saison et huit mille (15 mai
1927) le jour de la fête votive.
Perchée sur la falaise, elle domine la mer de 358 mètres.
Elle a été construite en 1625, puis agrandie en 1633 par un ermitage.
En 1858, une nouvelle sacristie est aménagée et en 1875, une
terrasse sur laquelle sera dressée une croix à l'occasion du
tricentenaire de la chapelle. En 1970, elle s'agrémente d'un clocheton.
Elle a fait l'objet de plusieurs restaurations dont la dernière, en
1997, l'a sauvée de la ruine. Le site de la chapelle et de la tour de
guet voisine est protégé comme site classé (10 juin 1938).
La
chapelle de Notre-Dame du Mai possédait à l'intérieur
de nombreux ex-voto peints, pour la plupart remerciements de marins ayant échappé aux
périls de la mer, mais beaucoup ont été volés et
il n'en reste plus qu'une trentaine., petite chapelle de pèlerinage, édifiée
en 1625, le panorama est impressionnant. La table d'orientation permet
de repérer tous les points de la côte du golfe de Giens à La
Ciotat et même au-delà.

« Quelle vue! C'est à donner le vertige. On plonge
sur une carte en relief de la terre. Car l'horizon maritime est enveloppé d'une
brume rose qui fait la mer sans limites et le tableau sans fin. Nous
voyons sous nos pieds les Frérets en raccourci » [les
deux Frères]
(G. Sand, Voyage… 26 avril).
« …Le bleu de la mer qui commence sous nos pieds
se confond avec celui du zénith, c'est fantastique, c'est beau
comme dans un rêve, les navires sous toutes voiles passent comme
des ombres dans le vide. Malgré cette brume, nous voyons encore
assez loin pour en avoir la tête fendue […] »
« …D'un côté, on verrait jusqu'au-delà de
Marseille s'il faisait clair, mais on voit clairement toutes les îles
et les rochers jusqu'au Bec de l'Aigle […] Mais ce qui
m'intéresse le plus […] ce sont les précipices
environnants, les brisures de rochers qui descendent perpendiculairement
de nos pieds au rivage, c'est le versant ouest du Cap Sicié que
je n'avais pas encore vu, et qui tombe dans la mer avec une fierté incomparable […] l'arête
de montagnes boisées/…/ qui descendent progressivement vers
Le Brusc
Ce hameau de Six-Fours fut pendant longtemps le quartier des pêcheurs
qui attirait les visiteurs par le pittoresque de son port ou les passionnés
de pêche car le poisson y était abondant.
Il comptait peu de maisons,
plutôt des petites cabanes de pêcheurs,
mais possédait son Grand Hôtel Beauséjour aux alentours
de 1900. Le long du bord de mer, en allant vers le Gaou, extrémité de
la presqu'île, quelques amateurs de calme et d'ambiance simple et sauvage,
venaient en vacances dans de petits chalets.

cartes postales (coll. particulière), elles sont bien noires, les pins d'ici sont tristes à faire
peur, mais c'est imposant en diable sur ce fond d'azur incommensurable.
Le côté qui regarde Six-Fours est plus doux et les ressauts
des montagnes ont une grande grâce. »
(G. Sand, Voyage… 27 avril).

Le patrimoine rural bâti est également remarquable :
vieux-puits, lavoirs, oratoires… Il est intéressant de poursuivre
la découverte de Six-Fours en se rendant au BruscEn face s'étendaient les îles, celles du Gaou et un peu plus loin
celles des Embiez et du Petit et Grand Rouveau, l'île du phare, fréquentées
autant pour la pêche que pour la chasse. Aux Embiez, il y avait une exploitation
de salines et un important vignoble encore existant aujourd'hui (10 ha). Après
la dernière guerre, le Brusc a vu le développement rapide du tourisme
d'été et la floraison de résidences de vacances ou secondaires,
avant de devenir plus près de nous, dans les années 1980, une quasi
banlieue de Toulon comme l'ensemble de Six-Fours.
et au Vieux
Six-FoursLa plupart de nos villages perchés du bord de mer s'expliquent par la
nécessité pour les populations, depuis la préhistoire, de
se mettre à l'abri des attaques. Sur la côte de Marseille à Menton,
le principal ennemi redouté était "les sarrasins". Ceux-ci
furent chassés définitivement en 972. Le village est mentionné au
XIème siècle. Les moines de Saint-Victor de Marseille, qui se partagent
les droits sur ce territoire avec les vicomtes de Marseille, y font édifier
une église, Saint-Pierre-ès-Liens (XIème siècle)
puis un prieuré. Mais suite à des démêlés avec
les moines, le Vicomte de Marseille est excommunié et, il fait alors construire
une nouvelle église, Notre-Dame de la Courtine (1125). Au XVIème
siècle, les moines abandonnent le prieuré. Au XVIIème siècle,
sur l'ancien prieuré et une partie de l'église Saint Pierre, est
construite une nouvelle église de style gothique (de 1608 à 1614).
Elle devient collégiale en 1650. Entre 1875 et 1879, un fort a été construit
au voisinage immédiat de l'ancien village et sur l'emplacement de l'ancienne église
Notre-Dame de la Courtine, qui était déjà très délabrée.
En 1911, les maisons inoccupées sont à leur tour démolies.
Pendant la guerre, les bombardements d'août 44 ont achevé de ruiner
les derniers vestiges du village. Il ne reste plus que la Collégiale..