La rade de Toulon depuis le Mont-Faron
Le Mont-Faron est cité dans Toulon, le nouveau guide du voyageur… par Henri Lesueur, comme faisant partie des excursions à faire aux environs de Toulon. A l'époque, en 1862, il y avait beaucoup moins de facilités d'accès qu'aujourd'hui.
« Les marcheurs intrépides, qui ne craignent pas la fatigue ni les ardeurs du soleil, profitent d'une belle journée de printemps ou d'automne pour parcourir les sentiers et les routes qui sillonnent la montagne du Faron, et pour visiter aussi les fortifications qui défendent Toulon au nord ».
Lesueur voit deux intérêts à cette excursion : d’une
part la découverte d'un site naturel, forêtElle était couverte depuis l'antiquité de chênes kermès
qui étaient exploités pour la récolte du kermès
: œufs de cochenille qui donnent une poudre rouge employée en
teinturerie.
Au Moyen-Age, cette récolte était réglementée et
les plantations de chênes kermès protégées. Mais
au XVème siècle, ces dispositions changèrent et les toulonnais
pratiquèrent de trop nombreuses coupes de bois dans le massif qui, peu à peu,
contribuèrent à le dénuder.
C'est seulement au cours du XIXème siècle que le reboisement
fut effectué, à partir de 1850. La commune donna des subventions
chaque année et le service des Eaux et Forêts soutint cette action
en organisant une surveillance de la forêt.
« En 1905, la propriété communale du Faron totalisait
364 hectares, 39 ares de pins d'Alep et de pins piniers, avec quelques autres
espèces telles : chênes verts, chênes rouvres, cèdres
du Liban et de l'Atlas, genévriers, palmiers nains, dattiers etc. »
(Yvan Meschi Toulon "Et nul soleil ailleurs", Toulon, 1994)
Une
grande partie du Mont-Faron est en site classé (01/02/1991). de pins et de chênes
accompagnée d'un sous-bois de plantes méditerranéennes,
et des zones plus sèches où ne poussent que genêts ou
lilas d'Espagne. Mais il ne parle pas du plus spectaculaire qui est le paysage
qui s'offre au marcheur au sommet du Faron : un panorama à 360° permet,
au sud, d'embrasser d'un coup d'œil toute la côte, de Bandol à l'ouest
aux îles d'Hyères avec la presqu'île de Gien, à l'est.
Cette position en recul sur l'aire toulonnaise permet également de
lire et de comprendre les étapes de l'extension du port de Toulon.
Au nord, le regard se porte sur les monts avoisinants : du Baou des
quatre Oures, à l'ouest, au mont Caume, au Grand Cap et aux carrières
de Tourris, au mont Combe à l'est, et, sur les pentes des massifs
et dans les vallées, de Dardennes à celle qui mène du
Revest à la Valette, on peut appréhender le développement
de l'urbanisation.

Le second intérêt de l'excursion réside dans la visite des fortifications qui ont, depuis fort longtemps, protégé Toulon. L'intérêt stratégique d'un tel site est évident.
Au XVIIIème siècle, la principale défense était la redoute du Faron. Cette position majeure pour la maîtrise de Toulon fût l'objet d'âpres batailles, en 1793, lors de l'affrontement des troupes de la République et celles des alliés anglo-espagnols. Un peu en dessous, on trouvait le fort de Faron, élevé sous Louis XV, et, plus bas, le fort d'Artigues construit en 1710, après le siège de Toulon (1707) par l'armée du Duc de Savoie et du prince Eugène.

Au XIXème siècle, la défense du port de Toulon fût repensée et améliorée par un nouveau dispositif de fortifications. A l'ouest fut construit, en 1840, le fort du Grand Saint-Antoine pour contrôler l'arrivée de la route du Las vers Toulon. Peu après, entre 1842 et 1845, c'est la Tour de Beaumont qui fut construite au sommet du Faron. Parallèlement, à l'est, fut élevé, en 1845, sur l'emplacement de l'ancienne défense, le Fort Faron, le premier à être installé à mi-pente. La Tour de l'Hubac (1846), la batterie de Leydet et la caserne du Pas de la Masque, complétèrent le dispositif. Au début de la IIIème république, en 1872, le Fort de la Croix du Faron fut reconstruit sur l'emplacement de la célèbre redoute.
Aujourd'hui, ces fortsLe Fort du Grand Saint-Antoine sert de dépôt d'archives au Ministère
de la Marine.
La Tour de Beaumont, propriété du Ministère des Anciens
Combattants, a été transformée en musée du Mémorial
du débarquement en Provence. Elle est un des jalons de la "Route
des hauts lieux historiques de Provence".
Pour plus de détails, on se reportera aux brochures éditées
par TPM, Les Citadelles du Levant et Ballades dans les Forts de
l'agglomération. ont été reconvertis, à l'exception
du Fort de la Croix-Faron qui est occupé par la Marine nationale.