Accueil Les artistes et les écrivains Sur les pas d'un touriste à la belle époque En prenant du recul Les grands bâtisseurs Climatisme et héliotrophisme Jardins d'agrément et passion botanique

Le Revest, une riche palette de paysages et d’activités

Les attraits du Revest sont multiples.

-
Le Revest vers 1900 - carte postale, Syndicat d'initiative du Revest.

Il y a bien sûr le vieux village avec ses maisons groupées en cercles autour de la Tour, témoin de l'ancien castrum. De là, le panorama est splendide. Un cirque de monts entoure Le Revest : du Mont Caume à l'ouest, avec le Grand Cap au nord, le Mont Combe et le Coudon à l'est et le Faron au sud. Mais on ne ressent pas de sensation d'encerclement car deux magnifiques échappées s'ouvrent au sud-ouest vers la mer où l'on aperçoit le Cap Sicié et les rochers des Deux-Frères, et à l'est vers la vallée de La Valette.

Mais surtout ce sont les environs du Revest qui offrent un panel d'activités très variées : de l'archéologie à la spéléologie en passant par la découverte de la nature : flore, faune…

Le départ des randonnées nombreuses dans le massif du Siou Blanc fait du Revest un rendez vous des excursionnistes depuis la fin du XIXème siècle.

-
Le Revest dans les brumes matinales
Photo Hortense Hebrard, TPM

L’histoire du Revest se trouve liée depuis la préhistoire à sa géologie car les montagnes calcaires qui l'entourent comportent de nombreuses grottesGrotte du Lauron sur le Mont Caume, grottes de la Ripelle sur le Mont Combe, à titre d'exemples. qui ont servi d'abris aux premiers habitants de la contrée. Ces mêmes roches sont également le réservoir de sources qui, dans un premier temps, ont permis à ces premiers hommes de vivre puis ont permis, outre l'usage agricole, l'installation d'industries liées à ses ressources : moulins hydrauliques implantés le long du Las, ou d'autres métiers liés à l'eau comme les bugadières qui faisaient les lessives pour la grande ville toulonnaise toute proche. Au XVIIème siècle, un atelier de forges fut installé à Dardennes pour y fabriquer des ancres pour la Marine.

-
Le barrage et le Béal (cl. F. Valette)

Très tôt, cette eau si précieuse fut canalisée dans un Béal (canal) pour, après avoir alimenté moulins et jardins, approvisionner Toulon en eau utilitaire, non potable. Dans la deuxième partie du XIXème siècle, l'accroissement des besoins en eau de Toulon et de la Seyne donna lieu à une bataille juridique pour la possession de l'eau. Finalement, la raison du plus fort l'emporta et la Ville de Toulon fit construire le barrage de Dardennes« Le barrage a coupé une vallée verdoyante, cultivée en restanques (terrasses) d'oliviers et de fleurs. Le Las, né de l'eau abondante des six sources dont la plus importante se nomme La Foux (source en provençal), reçoit aujourd'hui le trop-plein du barrage qu'il va jeter en rade de Toulon. L'eau du lac provient de ces sources qui, bien que submergées, restent très actives ».
(plaquette du Syndicat d'Initiative du Revest).


Barrage de Dardennes (cliché F. Valette)

Sur le thème de l'eau, consulter l'ouvrage d'Igor Fédéroff et Yvette Rocher Au fil du Béal, Autres temps, Marseille, 1999
, achevé en 1912.

La vallée de DardennesLes excursions de George Sand.
« Il nous mène à la vallée de Dardennes qui n'est qu'une gorge étroite, fertile, arrosée d'un beau ruisseau, où poussent des myrtes et des lauriers roses dans les fentes des rochers. Il y a aussi de temps en temps de beaux peupliers et des aulnes autour des moulins. Cependant ce n'est pas la fraîcheur et la différence annoncée par les indigènes. Au fond, ce qui domine, ce sont les oliviers ramassés et poudreux, les pins généralement rabougris, les cistes et toutes les plantes dures de ces terrains brûlants On s'extasie sur la source qui est belle et claire, mais qui n'est abondante que par comparaison. Ce qui fait la beauté de ces étroits paysages, c'est la hauteur et la hardiesse de leurs parois, toujours théâtralement groupées, dessinées, dentées en scies ou renflées en ventres bizarres »
(Voyage… 17 avril)

 est un des lieux d'excursion les plus agréables. Georges SandGeorge Sand aimait venir herboriser dans cette vallée avec son fils qui dessinait des croquis et elle avait été séduite par le jardin du château (aujourd'hui Les Marronniers) où la propriétaire les avait reçus: "Son castuc est tellement caché sous les arbres, qu'on ne le voit pas, mais le jardin et l'endroit sont ravissants. C'est un nid de verdure où le vent ni le soleil ne peuvent pénétrer, bien qu'on soit perché très haut au flanc de la colline. Il y a un pittospore de Chine/…/ L'escalier pour entrer dans ce jardin, le berceau de plantes énormes, soutenu par des colonnes à l'italienne, l'épaisseur de l'ombrage ont quelque chose de naïf et de splendide, de mystérieux et de romanesque. Il y a des eaux de source partout, coulant dans des rocailles, une petite chapelle à droite, il faudra que je retourne. Voilà un endroit pour un roman". (Voyage …, 6 mai)


Ancien château "Les marronniers" - Photo F. Valette

y vint à quatre reprises pour en apprécier tous les aspects. Le paysage revestois est fait de contrastes : d'un côté l'eau et l'abondance de la végétation et des cultures, de l'autre le minéral, les roches des montagnes. C'est sur les plateaux désertiques, situés au nord de la commune, qu'ont été ouvertes des carrières qui, depuis deux siècles, ont constitué le revenu principal de la commune.

-
Dessin de Mélanie Tomi, Beaux-Arts Toulon

Il est possible de prolonger agréablement l’étape en se rendant à TourrisSur une barre rocheuse du Mont Combe, surveillant la route de la vallée entre le Revest et la Valette, un village fortifié avait été construit. Son existence est attestée entre la fin du XIème et le milieu du XIVème siècle. Il était dénommé Turris et possédait un lieu de culte : Saint-Jean de Tourris. Ce village médiéval a été appelé par la suite La Vieille-Valette. Il n'en reste plus que quelques pans de murs. A la fin du XVIe siècle, au pied du mamelon de l'ancien Turris, fut relevé ou construit le château de Tourris puis une chapelle et un hameau se développa autour. Très actif encore jusqu'à la guerre de 14, il se dépeupla peu à peu au profit du Revest, de Dardennes et des Favières et en 1960, il était abandonné.


La chapelle du Château, carte postale (coll. C. Chesnaud)
 et au CoudonSitué au sud-est du Revest et élevé de 703 m, il offre depuis sa falaise sud une vue superbe sur la plaine de la Garde à Toulon, la rade et une grande étendue de mer. Autrefois les plaines environnantes qu'il dominait, étaient toutes cultivées..