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12H30 - En diligence vers Hyères : des forts aux contrées horticoles

« Au début du trajet, qui emprunte la route d’Italie bordée de platanes, nous observons un paysage rural peuplé d'innombrables bastides disséminées à travers plaines et collines. Les forts de défense de la côte Est de la ville sont aussi bien visibles : le fort Lamalgue et celui du Cap Brun. Sur notre gauche apparaissent tour à tour les forts Sainte-Catherine, Artigues et Faron. Puis, après avoir traversé La Valette, village dominé par le pic du Coudon, nous laissons la route impériale de Draguignan pour rejoindre, sur la droite, celle qui conduit à la cité des orangers.

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Les restanques d'oliviers
Photo Mélody Barrière

Tout au long de la deuxième heure du voyage, au fur et à mesure de notre progression, nous distinguons de mieux en mieux les tours crénelées du château d’Hyères, dont les remparts datent du moyen âge. La luxuriance de la végétation, qui tranche sous le ciel d’un bleu éclatant, est du plus bel effet. J’initie ma femme à quelques rudiments botaniques, que j’ai moi-même tirés de lectures assidues dans les bibliothèques parisiennes : les oliviers au feuillage grisâtre, perchés sur de magnifiques restanques de pierre, les pins-parasols d’Italie, en bouquets arrondis protecteurs des nouvelles semences, les cyprès élancés, sombres et austères, ou encore les amusants chênes lièges au tronc dépouillé, de couleur rouge.

Mais le plus étonnant, et une des raisons qui nous ont poussés à venir dans la célèbre station climatique, ce sont toutes ces parcelles de primeurs et de plantes potagères, alors que nous sommes en plein hiver ! Nous oublions bien vite les frimas parisiens devant ces parterres colorés, annonciateurs d’un printemps précoce. Et pour finir cet enchantement de verdure, nous sommes accueillis par de somptueux palmiers, ceux-là mêmes qui font la réputation de cette aimable bourgade. »

Les diligences, des moyens de transport rudimentaires

Les trajets en diligence étaient interminables pour les voyageurs. Les véhicules inconfortables se composaient de plusieurs compartiments, à l’extérieur ou à l’intérieur de la voiture. Il arrivait bien souvent que le trajet soit interrompu par un incident, comme une roue brisée ou pire, une voiture renversée. Les attaques par des bandes organisées étaient également possibles. Enfin, fait qui pouvait finir de décourager certains utilisateurs, la longueur des trajets impliquait que les voyageurs prévoient de quoi se restaurer. Par exemple, il fallait compter entre 25 et 34 heures pour rejoindre Nice depuis Marseille, en utilisant les diligences des Messageries Nationales ou celles de la Compagnie Laffite et Caillaud.