21h00 - L’action stimule les sens… ce qui est de bon augure pour les jeux !

« Après un dîner léger à une table un peu trop bruyante à mon goût, nous nous dirigeons vers le casino de la ville. Ce modeste établissement va bientôt fermer ses portes pour laisser la place au futur grand casino de la ville, actuellement en construction et dont l’ouverture est prévue dans un ou deux ans.
Les jeux sont faits ! Avec étonnement, je constate que l’on parle davantage britannique que français dans les allées du casino. Ma cousine m’explique que ceci n’est pas rare depuis la venue de la reine Victoria en 1892. Le séjour d’un mois de la vénérée reine à Costebelle a constitué la consécration d’Hyères comme ville d’hiver de premier ordre. Depuis cet événement, les hôtels ne désemplissent pas et la ville est à l’heure anglaise. Ils sont des centaines à venir ici pour se promener sur les hauteurs d’Hyères, et suivre ainsi les sentiers fréquentés par leur reine.

Ah, quelle n’aurait pas été ma surprise si l'on m’avait dit que dix ans plus tard, ce serait à d’autres curieuses performances sportives que les gens assisteraient en masse : le champ du palyvestre accueillerait les exploits des premiers pilotes aviateurs avant de devenir la piste militaire de l’aérodrome de la marine, où l’on inventera même le premier porte-avion…
La soirée s’avance et je vois les gains amassés aux courses s’amenuiser de partie en partie… J’aurais finalement préféré aller au théâtre, voir une des représentations de la troupe de Toulon, mais il paraît que suite à des problèmes d’argent, cette troupe ne se produit plus sur les planches hyéroises. La situation économique du théâtre n’est elle-même pas très florissante ; l’établissement a pourtant eu son heure de gloire : il avait été créé, paraît-il, par le maire de la ville d’alors, Alphonse Denis, en 1834, alors que Toulon n’avait pas encore son opéra ! En 1880, la Ville le racheta, avec la maison et son jardin, qu’on appelle le château Denis. »